Les perfusions de chimiothérapie en pratique

À l'heure actuelle, beaucoup de traitements par chimiothérapie sont administrés par perfusion et s'organisent dans le cadre de cycles ou de cures. Voici, en pratique, comment cela se passe.

Un traitement individualisé

Quel qu’il soit, un traitement par chimiothérapie est adapté à chaque patient. Cela explique que, pour un même cancer, les médicaments prescrits, les doses et le rythme d’administration peuvent être différents d’une personne à une autre.

  • Un bilan médical est toujours réalisé avant d’entreprendre une chimiothérapie. Le choix du ou des médicaments est effectué par le médecin cancérologue. Sa décision dépend d’un certain nombre de facteurs, parmi
    lesquels :
    • le type de cancer
    • le stade de la maladie
    • les éventuels traitements en cours
    • l'âge
    • l'état de santé général
    • les résultats d’examens sanguins
    • les éventuels problèmes de fonctionnement des reins ou du foie
  • Le protocole thérapeutique est défini par l'équipe médicale qui vous accompagne. Ce dernier constitue en quelque sorte la « feuille de route » du traitement. Le protocole en précise dans le détail toutes les étapes et les modalités. Il indique notamment le nom du ou des médicaments prescrits, les doses, le mode de prise et les dates de chaque cycle.
  • Une ou plusieurs séances de perfusion sont toujours suivies d'une période de repos. Durant cette période, aucun traitement de chimiothérapie n'est donné, ce qui permet à votre organisme de récupérer et de fabriquer de nouvelles cellules saines. On appelle cycle la période comprenant les jours au cours desquels le traitement est effectivement administré (on parle alors de cure de chimiothérapie) et la période de repos pendant laquelle le traitement n'est pas délivré. Le traitement de chimiothérapie comprend donc généralement plusieurs cycles, et un cycle comprend une ou plusieurs cures.
  • L'équipe soignante évalue régulièrement la capacité de votre organisme à suivre un nouveau cycle et à quelles doses. Des consultations sont ainsi prévues tout au long du traitement afin de vérifier l’évolution de la maladie et contrôler comment l’organisme tolère la chimiothérapie. Si les effets indésirables sont par exemple trop importants, un cycle pourra être retardé d’une ou deux semaines afin de laisser davantage de temps pour récupérer. De même, les doses de médicaments et le nombre de cycles pourront être modifiés.
    Le traitement par la chimiothérapie est toujours adapté à chaque situation individuelle.

 

 

À l'hôpital ou à domicile

Les conditions de réalisation du traitement peuvent différer selon les patients. Certaines chimiothérapies nécessitent de se rendre à l’hôpital alors que d’autres peuvent être réalisées à domicile.

  • Dans la majorité des cas, la chimiothérapie est administrée dans un service d’hôpital de jour, en « ambulatoire ». Vous vous rendez à l’hôpital le matin ou en début d’après-midi et vous rentrez chez vous une fois la séance de perfusion terminée. Lors du premier cycle de traitement, une courte hospitalisation peut être prévue pour permettre à l'équipe soignante de s'assurer que le traitement est bien toléré. C'est aussi l'occasion de bien comprendre toutes les étapes du traitement. En revanche, pour certains médicaments, une hospitalisation d'un jour ou deux peut être nécessaire à chaque cure.
  • Réaliser les perfusions chez soi est possible dans certains cas. Pour une hospitalisation à domicile (HAD), une infirmière se déplace chez vous pour installer la perfusion, avec un appareil appelé pompe de perfusion continue ambulatoire. Il contient le ou les médicaments prescrits et est programmé pour les délivrer selon le rythme prévu. Une infirmière ou votre médecin se rend régulièrement chez vous pour contrôler la bonne marche de l’appareil.

Déroulement d'une séance de perfusion

  • L’intérêt du cathéter
    Un traitement par chimiothérapie nécessite de réaliser des perfusions à intervalles très réguliers, le plus souvent pendant plusieurs mois de suite. Afin d'éviter d’abîmer les veines du bras, il est proposé par l’équipe soignante de poser un cathéter, un tuyau souple et fin introduit directement dans une veine.
  • Le temps de préparation
    Le traitement par chimiothérapie est toujours préparé immédiatement avant chaque perfusion. C'est pourquoi l’attente est parfois un peu longue avant que la perfusion ne soit installée. Les procédures de préparation sont en effet longues et minutieuses. Une fois le traitement prêt, il est acheminé jusqu’au service d’hôpital de jour où vous avez été installé ou à votre domicile.
  • La perfusion
    Le ou les médicaments qui constituent votre traitement se présentent sous une forme liquide et ont été placés dans une poche ou un flacon. Ce réservoir est relié à un tuyau fin, qui permet l’écoulement progressif du liquide, branché à votre cathéter. La durée de la perfusion est variable d’une chimiothérapie à une autre et peut durer d’une demi-heure à quelques heures. Plusieurs flacons ou poches peuvent être installés successivement par l’infirmière qui s’occupe de vous. Des traitements complémentaires peuvent vous être donnés, avant ou après la perfusion, pour limiter les effets indésirables. Une fois la perfusion terminée, les tuyaux sont débranchés du cathéter et celui-ci est soigneusement aseptisé. L’infirmière jette dans un conteneur spécifique tout le matériel utilisé.

La chimiothérapie pour différents objectifs

  • Une chimiothérapie néoadjuvante se pratique avant une chirurgie, et a pour but de diminuer la taille de la tumeur et de faciliter ainsi l’opération, ainsi que de diminuer les risques de récidive de la maladie. Elle peut se prolonger sur 3 à 5 mois.
  • Une chimiothérapie adjuvante est prescrite après une chirurgie complète de la tumeur, elle a pour but de diminuer les risques de récidive à l'endroit de la tumeur d'origine ou ailleurs dans l'organisme. Elle se prolonge sur 5 à 6 mois en moyenne mais peut durer jusqu'à deux ans.
  • Une chimiothérapie métastatique traite des métastases, c’est-à-dire des cellules cancéreuses qui se sont propagées dans l'organisme. Sa durée peut varier de 3 mois à plus d’un an.

Les vertus du dialogue

Pendant la durée de la perfusion, vous ne devez surtout pas hésiter à signaler à l’équipe soignante toute anomalie que vous pourriez constater ou toute sensation désagréable que vous pourriez percevoir. Il sera ainsi possible aux infirmières et aux médecins de prendre rapidement toutes les mesures nécessaires.
N’hésitez pas non plus à poser les questions qui vous préoccupent, surtout au cours des premières perfusions. L’équipe soignante est aussi là pour vous informer et vous rassurer.

La question de ...

Peut-on connaître à l'avance les effets indésirables liés à la chimiothérapie ?
Gérard F., 67 ans

En fait, la réponse est à la fois oui et non. Pour chaque médicament, les médecins connaissent les principaux effets indésirables qui peuvent survenir. Les études réalisées avant qu’un nouveau traitement ne soit autorisé à la prescription permettent de les identifier. Votre médecin est donc en mesure de vous indiquer quels sont les problèmes que vous êtes susceptibles de rencontrer au cours du traitement et ce qu’il faut faire pour les éviter ou les limiter. Cependant, chacun réagit différemment à la prise d’un traitement. Et cela est impossible à prévoir avant de débuter le traitement.
C’est pourquoi votre médecin sera très attentif aux réactions de votre organisme tout au long de votre traitement. Il est également important que vous lui signaliez tout ce que vous ressentez.

 

À retenir

  • Les perfusions de chimiothérapie se déroulent le plus souvent à l'hôpital. Vous rentrez chez vous après la séance de perfusion qui peut durer jusqu'à quelques heures.
  • Dans la grande majorité des cas, la chimiothérapie est administrée à l’aide d’un cathéter. C'est un appareil placé sous la peau avant le début du traitement qui est directement relié à une veine.
  • Un cycle de chimiothérapie correspond à la prise du traitement et à la période de repos qui suit.
  • Votre chimiothérapie peut être adaptée en cours de route par votre médecin, en fonction notamment des réactions de votre organisme.