Comprendre la mammographie

Examen de référence pour dépister un cancer du sein, la mammographie permet de détecter très précocement la maladie. Ainsi des tumeurs de petite taille, non détectables par palpation, peuvent être visualisées avant même l'apparition de symptômes.

Le cancer du sein est le plus fréquent chez la femme, et touchera 1 femme sur 8 en France. Dans 80 % des cas, il est diagnostiqué chez la femme de plus de 50 ans, soulignant l’importance de participer au dépistage organisé du cancer du sein à partir de 50 ans. En effet, son diagnostic précoce augmente grandement les chances de guérison.

L’examen utilisé pour détecter un cancer du sein est la mammographie. On parle de mammographie de dépistage quand elle est réalisée en l’absence de symptômes. Dans le cadre du programme national de dépistage du cancer du sein, elle concerne toutes les femmes sans prédisposition âgées de 50 à 74 ans ; ou à titre individuel les femmes ayant des antécédents personnels ou familiaux de cancer de sein. La mammographie de diagnostic est prescrite en cas d’apparition de symptômes au niveau du sein (grosseur palpable, écoulement au niveau du mamelon...).

Ces deux examens sont identiques hormis quelques différences de pratique clinique. Dans le cas de la mammographie de dépistage, les examens sont soumis à une double lecture pour augmenter la fiabilité du dépistage. Pour une mammographie de diagnostic, la zone suspecte sera particulièrement ciblée.

Qu'est-ce qu'une mammographie ?

La mammographie consiste en une radiographie de chaque sein réalisée avec un appareil appelé « le mammographe ». Cet examen permet de visualiser les structures internes du sein et donc de détecter toute masse jugée anormale.

En pratique, le sein est placé et comprimé entre deux plaques. La pression ressentie peut être inconfortable. Sans conséquence pour la poitrine, ce désagrément s’arrête dès que les plaques sont enlevées. Lors de l’examen, les seins sont soumis à dose extrêmement faible de rayons X.

Deux images ou clichés par sein sont réalisés sous différents angles et analysés par un radiologue.

Comment se préparer pour une mammographie ?

Pour un examen optimal par mammographie, il est préférable de fixer le rendez-vous auprès d’un cabinet de radiologie dans la première moitié du cycle menstruel. Les seins sont alors moins sensibles à l’examen.

La mammographie ne nécessite aucune préparation particulière. Il n’est pas nécessaire de venir à jeun. Il est cependant fortement recommandé de n’appliquer aucune crème hydratante, parfum ou autre produit sur la poitrine, le jour de l’examen. Comme pour tout examen radiographique, il ne faut pas porter de bijoux.

Avant l’examen, il faut signaler à l’équipe soignante toute prise de médicaments, sans interrompre son traitement, ainsi que le port éventuel de prothèses mammaires.

Il est recommandé de venir à l’examen avec les clichés de mammographie précédente s’ils existent.

Dans le cadre du dépistage organisé : une double lecture desmammographies

Dans le cadre du dépistage organisé du cancer du sein, les clichés de mammographie sont analysés systématiquement par deux radiologues. La première analyse est réalisée directement dans le cabinet de radiologie le jour de l’examen. Les clichés sont ensuite envoyés à un radiologue indépendant qui réalisera la deuxième analyse ou double lecture. Les résultats définitifs de l’examen sont connus en moyenne 2 semaines après la mammographie. Cette double lecture permet de détecter 6 à 7 % des cancers du sein dépistés dans le cadre du programme national, augmentant donc significativement la fiabilité du dépistage.

Comment se déroule l'examen ?

La mammographie est un examen rapide qui dure généralement de 10 à 15 minutes ; néanmoins mieux vaut arriver au cabinet de radiologie en avance afin de remplir quelques formalités comme une fiche de renseignements pour indiquer de potentiels antécédents médicaux et les coordonnées du médecin traitant ou du gynécologue pour le suivi des résultats.

Il sera ensuite demandé de passer par une cabine individuelle communiquant avec la salle d’examen pour enlever les vêtements recouvrant le torse.

Un radiologue ou un manipulateur en radiologie s’occupe individuellement de chaque patiente. Il sera la personne responsable de l’installation face au mammographe et réalisera deux clichés par sein (un cliché de face et un cliché en oblique). L’examen se déroule en position debout.

Entre deux mammographies : restons vigilantes

La mammographie permet de détecter plus de 90 % de cancers du sein sans symptôme. Mais entre deux examens de contrôle, il est indispensable de continuer la surveillance.

Les signes qui doivent amener à consulter sont les suivants : apparition d’une masse dans la poitrine ou au niveau des aisselles, un écoulement au niveau du mamelon ou encore une modification de l’apparence de la peau.

L’autopalpation régulière des seins est un geste essentiel. Il consiste en une auto- inspection soignée devant le miroir, le bras levé, en massant l’intégralité du sein, les aisselles et le mamelon afin de détecter toute apparition de masse suspecte. Cet examen doit également être réalisé une fois par an par le médecin traitant ou le gynécologue.

Les clichés sont immédiatement interprétés par un médecin qui de plus réalisera un examen clinique de la poitrine par palpation. Dans certains cas, une échographie

mammaire peut compléter l’examen ; c’est notamment le cas quand les seins sont denses, donnant des clichés de mammographie plus difficiles à interpréter.

Quels sont les résultats d'une mammographie ?

Les clichés sont immédiatement analysés après la mammographie. Néanmoins, dans le cadre du dépistage organisé du cancer du sein, les clichés sont soumis à une deuxième lecture et les résultats définitifs sont connus sous deux semaines.

La mammographie permet de dépister des lésions suspectes mais ne permet pas de poser le diagnostic du cancer du sein. Seuls les résultats de la biopsie mammaire confirmeront le diagnostic.

Les clichés de mammographie sont classés selon 6 catégories dites ACR (pour American College of Radiology, institut américain qui a mis au point cette classification).

Ainsi, on parle de :

ACR 0 : Clichés en cours d’analyse ou nécessitant de nouveaux clichés (images de mammographie non interprétables).

ACR 1 : Aucune anomalie détectée. Les clichés sont normaux. Ils doivent néanmoins être conservés pour être amenés à la prochaine mammographie.

ACR 2 : Des anomalies bénignes (non cancéreuses) ont été détectées mais ne nécessitent aucun suivi particulier.

ACR 3 : Des anomalies bénignes nécessitant un suivi dans les 3 à 6 mois ont été identifiées.

ACR 4 : Une anomalie suspecte a été visualisée.

ACR 5 : Il y a suspicion de cancer.

Quand les résultats indiquent des clichés classés ACR 4 et 5, une biopsie sera réalisée pour établir le diagnostic. Une IRM peut également compléter l’examen.

Cependant, il ne faut pas paniquer quand une anomalie est détectée. Dans la majorité des cas, les examens complémentaires ne révéleront que des anomalies bénignes, c’est à dire sans gravité.

La question de ...

Je vais bientôt avoir 50 ans, comment faire pour participer au programme national de dépistage du cancer du sein ?
Sophie R., 49 ans

Vous n’avez aucune démarche à effectuer. Vous recevrez automatiquement à votre domicile un courrier vous invitant à prendre rendez-vous auprès d’un cabinet de radiologie pour réaliser votre première mammographie de dépistage. De la même manière, tous les deux ans, une lettre vous sera envoyée vous indiquant les dates de votre prochain examen. Vous n’aurez alors qu’à prendre rendez-vous au cabinet de radiologie.

J'entends beaucoup parler de surdiagnostic en ce qui concerne le dépistage organisé du cancer du sein par mammographie. Qu'en est-il vraiment ?
Rose M., 63 ans

D’un point de vue médical, il est difficile de distinguer les cancers évolutifs, qui représentent la majorité des cas, de ceux qui se développeront peu ou pas, c'est-à- dire sans danger. Ceci est d’autant plus vrai que la mammographie permet la détection de tumeurs très petites, potentiellement à un stade très précoce. Ceci peut donc entraîner un surdiagnostic puisque toutes les tumeurs seront traitées. Si pris en charge précocement, 9 cancers du sein sur 10 seront guéris.