L'essentiel sur le lymphome diffus à grandes cellules B

S érie
Comprendre le cancer
Le lymphome diffus à grandes cellules B est un cancer qui se développe aux dépens des lymphocytes B, des cellules du système immunitaire. Il évolue rapidement, cependant les médicaments actuels permettent de le soigner efficacement dans la majorité des cas.
Les lymphomes : cancers du système lymphatique
À la différence des tumeurs dites « solides » comme celles se développant dans un organe du corps (côlon, sein, poumon…), les lymphomes sont des cancers qui évoluent aux dépens des cellules du système immunitaire. Plus précisément, ce sont les lymphocytes, une catégorie de globules blancs qui sont atteints et se multiplient anormalement ou vivent plus longtemps que des lymphocytes normaux.
Le système lymphatique et les lymphocytes B
Le système immunitaire met en œuvre différentes stratégies pour reconnaître et détruire les virus, bactéries et autres agents pathogènes ou encore les cellules anormales ou étrangères, ce qui permet de maintenir le corps en bonne santé. Il est opérationnel grâce à un ensemble de cellules, de tissus, d’organes et intègre le vaste réseau lymphatique, ramifié et entendu dans tout l’organisme.
Parmi les cellules immunitaires, il existe différents types de globules blancs, dont les lymphocytes. Tous fabriqués dans la moelle osseuse, ils ont cependant des fonctions distinctes et complémentaires au sein du système immunitaire. Parmi eux, les lymphocytes B ont pour rôle principal de fabriquer les anticorps qui permettront de neutraliser et éliminer les substances étrangères.
Classification des lymphomes
Un lymphome est caractérisé par une multiplication anormale ou une durée de vie excessive des lymphocytes. Comme les lymphocytes sains, ces lymphocytes cancéreux peuvent être présents dans les organes lymphoïdes, tels que la rate, la moelle osseuse ou les ganglions lymphatiques, mais aussi dans tous les organes.
Le lymphome diffus à grandes cellules B désigne un cancer des lymphocytes B que l’on peut identifier à la forme particulièrement grande que prennent les cellules atteintes.
Le terme « diffus » indique que la maladie se développe de manière diffuse, que ce soit dans les ganglions ou les autres organes touchés.
Le lymphome diffus à grandes cellules B
Le lymphome diffus à grandes cellules B, souvent écrit en abrégé LDGCB, est le plus fréquent des lymphomes non hodgkiniens. Le nombre de cas nouvellement diagnostiqués en France est de plus de 5 000 chaque année, plus élevé chez les hommes qui regroupent 55 % des cas. La maladie peut se déclarer à tout âge mais plus fréquemment après 50 ans ; l’âge médian au diagnostic étant proche de 70 ans.
L’évolution clinique des lymphomes diffus à grandes cellules B est rapide, on parle de lymphomes « agressifs » pour les distinguer des lymphomes « indolents » d’évolution plus lente. Les lymphomes diffus à grandes cellules B peuvent être primitifs ou secondaires à un lymphome indolent à cellules B. Par exemple, dans de rares cas, un lymphome folliculaire de type B peut se transformer en lymphome agressif diffus à grandes cellules B. On parlera alors de lymphome folliculaire transformé.
Symptômes et diagnostic
Une première manifestation fréquente d’un lymphome diffus à grandes cellules B est l’apparition d’une masse évoluant rapidement au niveau d’un ou plusieurs ganglions lymphatiques ou d’un autre organe. Le plus souvent les formes « extra-ganglionnaires » débutent dans le tube digestif. Au moment du diagnostic, la maladie est localisée sur un organe (stade I ou II) pour environ la moitié des patients. Lorsque plusieurs ganglions et organes sont atteints, la maladie est disséminée ; on parle alors de lymphome de stade III ou IV selon la classification d’Ann Arbor.
Les symptômes dépendent de la partie du corps atteinte. La personne peut ressentir des zones enflées au niveau du cou, de l’aine, du thorax ou peut avoir une sensation de jambes lourdes, une gêne respiratoire ou abdominale, ou des maux de dos.
La personne peut être fiévreuse, constater des sueurs importantes la nuit et se sentir très fatiguée malgré le repos. Cependant ces symptômes ne sont pas spécifiques et peuvent être des signes d’une autre maladie. S'ils durent, il est important de consulter car seul un médecin pourra en préciser l’origine.
Le diagnostic de lymphome diffus à grandes cellules B est établi grâce à un ensemble d’examens. Systématiquement, un examen clinique par le médecin et des analyses de sang sont réalisés. La biopsie d’un ganglion ou d'un organe suspecté est pratiquée à des fins d’analyse du tissu prélevé pour identifier d’éventuelles cellules cancéreuses. Cette étape indispensable sert à confirmer le diagnostic. Des examens d’imagerie permettent de préciser les zones du corps atteintes. L’examen de la moelle osseuse (biopsie ostéo-médullaire) et l’examen du liquide céphalo-rachidien prélevé par ponction lombaire sont pratiqués selon les cas.
Les traitements de référence : l’immunochimiothérapie en première intention
Plusieurs protocoles de chimiothérapie entrent dans les traitements de référence du lymphome diffus à grandes cellules B. Le traitement le plus fréquent associe quatre chimiothérapies – cyclophosphamide, hydroxydaunorubicine (ou doxorubicine), vincristine, prednisone – à un anticorps monoclonal, le rituximab. On parle alors d'immunochimiothérapie.
Une immunochimiothérapie se déroule en plusieurs cycles, typiquement 6 ou 8 cycles. Ces cycles sont espacés d’une période d’inter-cure, souvent de 2 à 4 semaines. Le nombre de cycles et la durée de l’inter-cure varient en fonction des médicaments choisis, mais aussi des caractéristiques de la maladie et de l’état général du patient.
Un bilan est réalisé pour évaluer l’efficacité des traitements. Le patient peut alors être en rémission, partielle ou complète. Après ce traitement de première intention, plus de deux tiers des patients n’auront plus besoin de traitements. Plusieurs options de traitements existent pour une maladie qui ne répond pas au traitement (réfractaire) ou qui rechute. Le traitement peut être une chimiothérapie seule dans le cas de patients fragiles par exemple ou un autre protocole d'immunochimiothérapie.
Greffe de cellules souches et CAR-T
La greffe de cellules souches à partir des propres cellules souches du patient peut être proposée selon des critères bien définis. Elle est réalisée après une chimiothérapie à très forte dose.
L’option dénommée thérapie CAR-T (voir encadré) est apparue récemment. Cette immunothérapie montre une bonne efficacité chez des patients en rechute ou réfractaire.
Les anticorps bispécifiques : une nouvelle option thérapeutique en plein développement
Les avancées technologiques ont permis de mettre au point des molécules dénommées « anticorps bispécifiques » capables de reconnaître en même temps deux types de cellules. Cette double fonctionnalité permet de mettre en contact une cellule immunitaire saine avec la cellule tumorale à détruire.
Les anticorps bispécifiques ont également montré leur efficacité sur la maladie lorsque toutes les options thérapeutiques disponibles ont été mises en oeuvre. Ils représentent une ligne de traitement efficace supplémentaire chez les patients dont la maladie a résisté à tous les autres traitements.
La question de… ?
« Que se passe-t-il après les traitements ? »
À l’issue des traitements, le patient en rémission complète (ou réponse complète) est suivi régulièrement afin de prévenir une éventuelle récidive et pour l’accompagner plus globalement sur le plan médical et personnel. Le premier examen de suivi peut avoir lieu environ un mois après la fin des traitements, puis de façon rapprochée pendant deux ans. Au-delà de deux ans, le suivi peut devenir annuel ou arrêté selon les cas.
« Peut-on guérir d’un lymphome diffus à grandes cellules B ? »
« Peut-on guérir d’un lymphome diffus à grandes cellules B ? »
Oui, car environ deux tiers des patients n’auront plus besoin de traitements à la suite d’un protocole initial d’immunochimiothérapie. Lorsque aucun nouveau signe de la maladie n'est apparu pendant les 2 premières années après les traitements, on estime que l'espérance de vie des patients rejoint celle de la population générale.
À retenir
Qu’est-ce qu’un anticorps monoclonal ?
Les anticorps monoclonaux sont fabriqués en laboratoire pour reconnaître spécifiquement un antigène tel que l’antigène CD20 porté par les lymphocytes B cancéreux. De la même manière que les anticorps produits par notre organisme, ils agissent en stimulant le système immunitaire. Le traitement par anticorps anti-CD20 élimine les lymphocytes B portant l’antigène CD20, sans affecter la fabrication de nouveaux lymphocytes B sains, tout en épargnant les autres cellules et tissus.
et les CAR-T ?
Les cellules CAR-T (pour « chimeric antigen receptor ») sont des lymphocytes T prélevés chez un patient et modifiés pour qu’ils deviennent actifs contre ses propres cellules cancéreuses, puis réinjectés chez ce même patient.
En savoir plus
M-FR-00015393-1.0 - Novembre 2025