Parents, enfants : des mots pour le dire

Au début de la maladie, il est important de dire à l’enfant que tout le monde à l’hôpital va faire son maximum pour soigner le parent malade. Ne promettez pas quelque chose que vous n’êtes pas sûr de pouvoir tenir et qui ne dépend pas de vous : dans ce sens ne parlez pas de guérison et n’utilisez pas le mot « guérir ». Ainsi en cas d’aggravation de la maladie, l’enfant ne se sentira pas « trahi ». De la même façon, une fois les traitements terminés, il vaut mieux parler de rémission : vous pouvez dire par exemple « que les docteurs ne voient plus de trace du cancer, et que le parent va être surveillé, que l’on fera des examens régulièrement au début pour vérifier que le cancer ne revient pas. » Enfin, n’oubliez pas, vous avez le droit de dire que vous ne savez pas.

Leur réaction

Vous annoncez à vos enfants une mauvaise nouvelle : c’est normal qu’ils aient peur ou qu’ils pleurent. Dites à vos enfants qu’ils ont le droit d’être tristes / d’avoir peur, que vous aussi vous l’êtes parfois. Expliquez la maladie, les écouter, leur permettre de verbaliser leurs inquiétudes est le meilleur moyen de les apaiser. La colère est une réaction fréquente : normaliser cette réaction, aider vos enfants à évacuer leur colère, en leur précisant qu’ils peuvent être en colère contre la maladie (et non contre le parent malade). En savoir Les enfants informés de la maladie sont souvent heureux et fiers d’aider leurs parents : leur permettre ou leur demander de vous donner un coup de main au quotidien sera bénéfique pour tout le monde, cependant ne demandez pas à vos enfants d’assumer des responsabilités trop importantes pour leur âge. De la même façon, ne leur demandez pas et ne les laissez pas prendre la place du parent malade. Ne faites pas de chantage à la guérison (si tu travailles bien..., si tu pries...) au risque de culpabiliser vos enfants.

Si la maladie revient ou progresse

Expliquez à vos enfants que malgré les traitements la maladie est revenue ou s’aggrave. À ce stade, il est souhaitable de dire à vos enfants que si tout le monde fait ce qu’il peut pour soigner le parent, on n’est pas tout a fait sûr d’y arriver. Cela permet à l’enfant de se préparer en cas d’échec des traitements.

La maladie grave et le risque de mort

Vous pouvez expliquer à vos enfants que le cancer est une maladie grave et que c’est pour ça qu’il faut être soigné à l’hôpital pendant plusieurs mois. Vos enfants risquent alors de vous demander si vous pouvez mourir. Il est normal d’être angoissé en évoquant le risque de décès : sachez cependant que parler de la mort ne traumatisera pas votre enfant. Au contraire, il saura qu’il peut parler de tout avec vous, qu’il peut vous confier ses craintes. Il est donc préférable de ne pas éviter la question : dites à vos enfants que cela peut arriver mais rappelez leur que les docteurs vous soignent bien, qu’il existe des traitements...etc. Si vous vous sentez ému ou si vous avez envie de pleurer, ne vous cachez pas : expliquez à vos enfants que c’est normal d’être triste ou d’avoir peur. Rassurez-les en leur disant que ce n’est pas parce qu’on parle de la mort que cela va arriver et que d’ailleurs tout le monde fait le maximum pour que ça n’arrive pas. Insister également sur le fait qu’ils ne sont pas seuls : il y a votre conjoint mais aussi les oncles, tantes, nounous...etc sur qui ils peuvent compter.

Vous faire aider

Si vous vous sentez en difficulté pour parler de votre maladie avec vos enfants, si le comportement de vos enfants vous inquiète, faites-vous aider : vous pouvez demander conseil à votre médecin traitant, à un psychologue ou un pédopsychiatre à l’hôpital ou en libéral. Dans certains hôpitaux il existe des groupes de parole pour les enfants de parents malades. Renseignez-vous auprès de l’équipe de soins de support de votre hôpital.

Fiche conçue par le Dr Clémentine Lopez, Unité de Psycho Oncologie à l’institut Gustave Roussy de Villejuif.