Être une femme dirigeante dans la santé 

Le point de vue d’Olalla Grau, Executive Director, Head of Strategy and Business Units Roche Pharma France

 

Olalla Grau

Quelles étaient vos ambitions lors de votre arrivée chez Roche ?

 

“Mon désir en arrivant chez Roche était d’apporter de la valeur en laissant une trace de qui je suis dans mon travail. Je mesure le succès dans l'idée de faire la différence et d’avoir un impact positif dans la vie des autres, et pas seulement de faire le job. Chez Roche nous pouvons avoir un impact significatif dans la vie de milliers de patients chaque jour. J’ai toujours eu un intérêt intellectuel et scientifique pour la technicité du secteur de la santé. Au-delà de ma mission pour les patients, j’étais animée par le besoin de comprendre, d’être stimulée intellectuellement. Je voulais que mon investissement et mon énergie bénéficient au plus grand nombre de patients possible. Et je me suis très vite rendue compte que mon impact pourrait être décuplé en étant membre d’une équipe dirigeante.

 

Être dirigeante est une ambition que je revendique, dont je n’ai pas honte et que je féminise volontiers, bien que certains pourraient encore la juger masculine. Aujourd’hui, je conjugue pleinement mon métier au féminin. Être une femme dans un monde d’hommes participe à une forme d’altérité. Toute diversité apporte de la valeur et c’est ce que je considère comme une force. 

Néanmoins, c’est aussi parfois une difficulté quand vient la question de la conciliation vie professionnelle et vie personnelle, qui se pose davantage pour les femmes. Mes enfants ne se préoccupent pas de mon agenda professionnel, et leur exigence est quotidienne. La réponse est que l’on n’y arrive pas forcément tous les jours. Il faut s'autoriser à ne pas être toujours parfaite sur tous les plans, faire de son mieux c’est déjà bien.

 

Pour vous, c’est quoi être une femme dirigeante aujourd’hui ? 

 

“Etre une femme dirigeante, c’est d’abord reconnaître les voies que d’autres femmes ont ouvertes pour nous. J’ai connu des femmes mentors qui m’ont aidée, inspirée, soutenue. Je crois que mon rôle désormais, au-delà de ce que je peux atteindre pour moi-même, c’est d’offrir de meilleures opportunités aux nouvelles générations, en créant les bonnes conditions pour leur réussite

Et chez Roche c'est possible, simplement parce que chacun a la liberté d’être soi-même.  C'est libérateur de créativité, d'envie et d'épanouissement, surtout à l'époque actuelle ! Au quotidien, c’est une force de pouvoir être dans une authenticité réelle, qui soit accueillie et bien considérée dans l’entreprise.”

Avec plus de 70% de femmes au sein de notre filiale, Roche est une entreprise où il est possible d’évoluer et c’était très important dans mon propre choix. 

 

Quel regard portez-vous sur l’avenir de la place des femmes dans la santé ? 

 

“Mon espoir pour la place des femmes dans la santé se dessine sous la forme d’une égalité des chances réelle. Il faut reconnaître qu’il y a encore des efforts à fournir pour l’atteindre dans notre secteur. Les femmes y occupent une place importante mais restent minoritaires dans ce que l’on appelle les “postes à responsabilités”. On peut le constater dans les facultés de médecine, où les femmes représentent plus de 60% des étudiants accédant à la deuxième année, mais peinent à accéder à des postes de direction. 

Heureusement aujourd’hui les choses bougent, et de nombreuses femmes sont à l'initiative de beaux projets, il faut continuer! Je pense à des projets pensés par des femmes chez Roche et pour les femmes, tels que "Wikiboop" et "Me Reconstruire"  par exemple. Les problèmes rencontrés par les femmes sont parfois sous-estimés, dû à l’insuffisante représentation de celles-ci dans certains corpus, la féminité après un cancer est un bon exemple. 

Pouvoir mieux accompagner des femmes malades, donne pleinement sens au travail que nous menons chaque jour mon équipe et moi. Et je suis ravie d’impulser des projets qui vont au-delà de la mise à disposition de solutions mais qui accompagnent réellement les femmes tout au long de leur parcours de vie”. 

 

Quels conseils donneriez-vous aux femmes qui suivront vos pas ?

 

“Si je devais donner un conseil aux jeunes femmes en début de carrière : Osez, faites vous confiance car sans peur, vous pouvez faire ce que vous voudrez.  Il faut de temps en temps savoir ignorer la petite voix dans notre tête, le syndrome de l'imposteur si féminin. Il ne faut pas hésiter à prendre le goût du risque, soyez aventurières dans ce que vous entreprenez, vous vous surprendrez !” 

 

 

M-FR-00003793 - 1.0 - Etabli en mars 2021