Dépistage du cancer du sein en France



Les femmes de 50 à 74 ans sont invitées à réaliser tous les 2 ans une mammographie et un examen clinique chez un radiologue agréé dans le cadre du dépistage organisé au niveau national [3].


Les enseignements de l'observatoire "EDIFICE" Roche :


• Une bonne connaissance des enjeux du dépistage chez les femmes de 50 à 74 ans


Globalement, les femmes interrogées de 40 à 75 ans ont une bonne connaissance des risques et bénéfices du dépistage du cancer du sein. Pour 38 % d’entre elles, le principal bénéfice est la découverte précoce de la tumeur [2].

Il existe cependant une idée fausse, qu’un cancer dépisté plus tôt nécessitera moins de traitement, en particulier de chimiothérapie : les données EDIFICE 2013, ont montré que 77 % des femmes interrogées de 40 à 75 ans, pensaient qu’un cancer détecté précocément était traité localement seulement ; alors que 10 % pensaient qu’une chimiothérapie était souvent réalisée [2].

Globalement, pour 74 % des femmes, le dépistage du cancer du sein rassure plus qu’il n’inquiète [4]. Le taux de dépistage spontané ou individuel, réalisé hors du programme de dépistage organisé, est élevé chez les femmes de 45 à 49 ans : en 2011, 88 % d’entre elles déclaraient avoir déjà réalisé une mammographie [5].

• Faible impact de la controverse sur les risques et bénéfices du dépistage


Seulement 17 % des femmes interrogées en 2013 avaient un souvenir de la controverse et seulement 1 % ont déclaré avoir l’intention de réaliser les examens de dépistage moins fréquemment. La controverse sur les risques et bénéfices de dépistage du cancer du sein n’a pas impacté la mobilisation des femmes en sa faveur [2].

• Une participation élevée des Françaises à l’examen par mammographie


La quasi totalité (97 %) des femmes de 50 à 74 ans interrogées ont déclaré avoir réalisé au moins une mammographie dans leur vie [6] en 2014. Ce taux est stable depuis 2005 et indépendant des critères socio-démographiques [6]. En 2014, 81 % des femmes ont déclaré réaliser une mammographie tous les 2 ans conformément aux recommandations [6].

• Impact de l’âge sur le suivi des recommandations de dépistage



Les femmes des catégories d’âge plus élevées 65 - 74 ans), sont significativement moins nombreuses (P = 0,02) à suivre ces recommandations (Fig. 1) [6, 7].
Fig. 1 : Dépistage du cancer du sein par un examen dans les deux années passées en fonction de l’âge

Fig. 1 : Dépistage du cancer du sein par un examen dans les deux années passées en fonction de l’âge


• La précarité, facteur limitant la participation au dépistage?


La dernière vague d’enquêtes, EDIFICE 4, révèle un impact de la précarité sur la fidélisation au dépistage du cancer du sein : 75,8 % des femmes précaires déclarent avoir réalisé une mammographie dans les deux années passées, contre 84,8 % des femmes non précaires [8]. En revanche, le taux de femmes ayant réalisé au moins une mammographie dans leur vie n’est pas impacté par le niveau de précarité (96 % et 98 %, respectivement) [8].

• Connaissance des facteurs de risque


Il existe une bonne compréhension des facteurs de risque de cancer du sein de manière générale dans la population interrogée : les facteurs plus largement cités, sont l’hérédité/les antécédents familiaux (54 %) et les traitements médicamenteux (15 %), en accord avec les facteurs de risque scientifiquement reconnus. En revanche, les risques liés à la consommation d’alcool, de tabac et le facteur surpoids /obésité, sont rarement cités par la population générale, alors que ce sont des facteurs de risque reconnus de cancer du sein [9].