Perception du risque de cancer du poumon



La population étudiée en 2014 (40-75 ans) était constituée d’un quart de fumeurs et d’un tiers d’anciens fumeurs (Fig. 1). Elle a été interrogée sur sa perception du risque liée à la consommation de tabac et sur le dépistage du cancer du poumon [3].


Les enseignements de l'observatoire "EDIFICE" Roche :


• Le risque associé à une faible consommation de cigarettes est sous-estimé


Une personne sur 3 considère à tort qu’une consommation quotidienne de 10 cigarettes ou moins n’est pas associée à un risque de cancer du poumon. Plus de la moitié des personnes interrogées (57%) ne savent pas que le risque de cancer du poumon ne disparait pas après l’arrêt du tabac [3] et un tiers des anciens fumeurs (34%) sous-estiment leur risque de cancer du poumon [3].

• La précarité est associée à un passif tabagique plus lourd


Les personnes en situation de précarité sont plus nombreuses à déclarer fumer (34% vs. 20% des personnes non précaires) et sont plus souvent fortement ou modérément dépendantes à la nicotine (32% vs. 21%). Elles ont un passif tabagique plus lourd (16,6 vs. 13.6 paquets-année) et sont plus nombreuses à avoir commencé à fumer avant l’âge de 15 ans (34% vs. 25%) [4]. Les personnes vulnérables déclarent des périodes d’arrêt du tabac en moyenne plus courtes et elles sont plus complaisantes sur la limite de consommation quotidienne de cigarettes sans risque de cancer du poumon (3,01 vs. 1,93) [4].

• Le risque lié au tabac est bien connu de la population


Le tabac est classé au premier rang des facteurs de risque de cancer du poumon : le tabagisme actif est cité par 94% de la population et le tabagisme passif par 68%. En revanche, la présence d’antécédents personnels d’affections respiratoires ne représente pas un risque pour la population [5] alors qu’il s’agit d’un facteur de risque reconnu scientifiquement.

  

Fig. 1 : Proportion de fumeurs dans la population étudiée (40-75 ans)

Fig. 1 : Proportion de fumeurs dans la population étudiée (40-75 ans)


• Pratique et intention de dépistage


11% des personnes interrogées déclarent avoir réalisé un examen de dépistage du cancer du poumon. Pour 87% d’entre elles, il s’agit en fait d’un examen radiographique des poumons [6]. Seulement 22% des personnes interrogées et 38% des fumeurs ont déclaré leur intention de réaliser un dépistage du cancer du poumon [6].

• Quels candidats à un dépistage ?


Parmi les fumeurs, l’intention de participer à un dépistage est fortement associée à l’intention d’arrêter de fumer. En revanche, une forte consommation de tabac, qui est un critère retenu pour orienter les fumeurs vers un dépistage du cancer du poumon, n’est pas associée à une intention de dépistage [7].

• Qui devrait financer un programme de dépistage organisé du cancer du poumon ?


Les entreprises du tabac sont citées comme source de financement d’un hypothétique dépistage du cancer du poumon par une majorité de la population interrogée. Seulement 1 fumeur sur 5 (21%) se déclare en accord avec l’idée du financement d’un dépistage par les fumeurs eux-mêmes, contre 36% des anciens fumeurs et 38% des non- fumeurs [8].