Dépistage du cancer du col de l'utérus en France



Neuf cancers du col de l’utérus sur 10 pourraient être évités en réalisant régulièrement un frottis cervico-vaginal [2]. Le troisième Plan cancer, courant sur 2014- 2019, prévoit de déployer un dispositif national de dépistage avec pour objectif de réduire l’incidence et le nombre de décès par cancer du col de l’utérus de 30 % sur 10 ans [3].

Après la réalisation de vastes études socio-économiques, l’Institut national du cancer (INCa) met en place le cahier des charges du programme définitif, dont le déploiement est prévu pour 2018 [3].


Les enseignements de l'observatoire "EDIFICE" Roche :


• Le dépistage du cancer du col de l’utérus est bien connu des femmes


Les données EDIFICE 4 ont montré que le test de dépistage du cancer du col de l’utérus par frottis etait bien connu des femmes puisque 99 % des femmes interrogées (50-65 ans) avaient alors déclaré avoir déjà réalisé au moins un frottis cervico-vaginal dans leur vie (participation, Fig. 1) [4]. Elles étaient en revanche un peu moins nombreuses (75 %) à respecter les recommandations de suivi (fidélisation, Fig. 1).


Le moment d’entrée dans le dépistage est satisfaisant, puisque l’âge moyen déclaré au premier dépistage est de 26 ans (données 2014) [4].

En 2016, une baisse significative de la participation des femmes de 50-65 ans a été observée par rapport à 2014, alors que le suivi recommandé d’un examen tous les trois ans est resté stable sur cette période (Fig. 1) [5].
Dépistage du cancer du col de l’utérus

Fig. 1 : Proportion de femmes (50-65 ans) déclarant avoir réalisé au moins un frottis vaginal dans leur vie (participation) et un frottis vaginal dans les trois années passées (fidélisation) en 2014 et 2016. * indique une différence significative par rapport à 2014.


• 2016, la précarité devient un facteur d’impact négatif sur la participation au dépistage


Les données de l’enquête EDIFICE 5 montrent que les femmes non précaires sont plus nombreuses à déclarer avoir réalisé un examen de dépistage dans leur vie (P<0.01) [5, 6]. L’impact social de la précarité sur la participation n’était pas significatif en 2014 (98 % vs. 100 %, respectivement) [7]. Comme en 2014, les femmes dites précaires déclarent moins suivre les recommandations sur la périodicité de l’examen de dépistage (une fois tous les trois ans).

• Un meilleur suivi pour les femmes se sentant à plus haut risque de cancer du col [8]


Plus de deux femmes sur trois (71 %) estiment leur risque de cancer du col de l’utérus au même niveau que celui de la population moyenne. Moins d’une sur 10 s’estime à plus fort risque et 18 % à plus faible risque. L’enquête EDIFICE 4 s’est intéressée aux comportements de ces deux dernières catégories de femmes : l’une et l’autre participent largement (98 %) au dépistage. Cependant, les femmes se sentant à plus haut risque de cancer sont plus fidèles aux recommandations d’un examen tous les trois ans que celles à plus faible risque (88 % vs. 69 %).

• Le facteur de risque lié aux infections sexuellement transmissibles est mal connu de la population féminine


Seulement 22 % des femmes ont cité les infections sexuellement transmissibles comme facteur de risque du cancer du col de l’utérus, dont 8 % le papillomavirus humain (HPV). Pourtant, ce dernier représente le facteur de risque principal du cancer du col. Par ailleurs, 30 % de la population générale citent l’hérédité et les antécédents familiaux comme facteur de risque du cancer du col, alors que ce risque n’est pas reconnu scientifiquement [9].