Dépistage du cancer colorectal en France



La vague d’enquêtes EDIFICE 5, réalisée en 2016, s’est focalisée sur le dépistage du cancer colorectal, un an après la mise en place, en 2015, d’un nouveau test immunologique de recherche de sang dans les selles.

 

Les enseignements de l'observatoire "EDIFICE" Roche :


• Vers une amélioration du dépistage grâce au test immunologique ?


Jusqu’en 2014, la participation au dépistage du cancer colorectal au moins une fois dans la vie est restée stable (environ 60 %) et le taux de suivi des recommandations sur la fréquence de dépistage (1 test tous les 2 ans) restait bas (environ 30 %) (Fig. 1) [4].

La 3e vague de l’enquête EDIFICE réalisée en 2011 avait déjà montré la limite du dépistage en raison du test fécal au gaïac mal accepté et le souhait des personnes interrogées de disposer d’un test sanguin [6].

Les nouvelles données EDIFICE 5, ont été recueillies un an après la mise en place (en 2015) d’un nouveau test immunologique de recherche de sang dans les selles.

Le suivi des recommandations montre une hausse significative (Fig. 1) [5], avec une tendance identique chez les femmes et les hommes [4,5,6].

• Une progression de l’adhésion au dépistage marquée chez les 50-54 ans


L’augmentation du taux de suivi des recommandations sur la fréquence de dépistage entre 2014 et 2016 est particulièrement marquée dans la catégorie d’âge des plus jeunes (50-54 ans, 22 % vs. 30 %) [5]. En 2014, l’adhésion au dépistage des personnes de plus de 70 ans était relativement plus élevée que celle des plus jeunes [4,5]. Cet effet de l’âge n’est plus significatif en 2016 [6].

L’observation d’une amélioration du taux de fidélisation, en particulier chez les plus jeunes, peut être associée à l’adoption du nouveau test, plus simple d’utilisation.

• La précarité impacte négativement l’adhésion au dépistage du cancer colorectal



En 2014, les personnes les plus vulnérables étaient moins nombreuses à avoir réalisé un test de dépistage du cancer colorectal dans leur vie (54 % vs. 63 %, non-précaires). Cet écart se creuse en 2016, avec une augmentation significative de la participation au dépistage chez les personnes non-précaires (de 63 % à 68 %) alors que la participation des personnes dites précaires reste stable (53% en 2016). Néanmoins, la fidélisation au programme n’est pas significativement impactée par le statut de précarité [7, 8]
Dépistage du cancer colorectal en France

Fig. 1 : Proportion de personnes (50-74 ans) déclarant avoir réalisé au moins un test de dépistage du cancer colorectal dans leur vie (participation) et un test dans les deux années passées (fidélisation) en 2014 et 2016. * augmentation significative (P<0,05) par rapport à 2014.


• La principale raison du non dépistage est la négligence


En 2016, «par négligence» ou «non prioritaire» sont les motifs les plus frequemment cités (36 %) pour justifier de ne pas avoir réalisé le nouveau test de dépistage [9]. Une personne sur 4 en 2016 (22% en 2014) ne se sent pas «à risque» et justifie ainsi le fait de ne pas participer au dépistage. Ceci révèle la méconnaissance du fait que le dépistage s’adresse aux personnes à risque moyen de cancer colorectal, c’est à dire ne présentant pas de sur-risque particulier nécessitant un suivi adapté.

• Les facteurs de risque de cancer colorectal sont connus de la population interrogée


Le fait d’avoir une mauvaise hygiène de vie est le facteur de risque comportemental le plus largement cité par la population (53 %, dont 47 % citant les mauvaises habitudes alimentaires), suivi de la consommation d’alcool (16 %), de tabac (12 %) et du manque d’activité physique (5 %). Le facteur de risque hérédité / antécédents familiaux est cité par 26 % de la population. Cette connaissance de la population est en accord avec les facteurs de risque reconnus scientifiquement. En revanche, il existe une méconnaissance des risques, scientifiquement reconnus, liés notamment au surpoids et à l’obésité [10].