L'essentiel sur le cancer du poumon

Le cancer du poumon atteint chaque année plus d'un million de personnes dans le monde et environ 40 000 en France. Le tabagisme en est le premier facteur de risque.
À l'heure actuelle aucun dépistage systématique de ce cancer n'est proposé, car aucune méthode n'a encore pu faire la preuve de son efficacité.

Le cancer du poumon est le 4ème cancer le plus fréquent en France. Il touche davantage les hommes que les femmes (70 % d’hommes et 30 % de femmes).
Son incidence est en diminution chez l’homme mais en progression chez la femme du fait de l’augmentation du tabagisme féminin. Il peut atteindre des sujets jeunes (moins de 40 ans) car le tabac est parfois initié dès l’adolescence.

Cancer-du-poumon

Les causes du cancer du poumon

  • Le tabagisme est le principal facteur de risque de cancer du poumon. La consommation quotidienne de tabac sous toutes ses formes (cigarette, tabac à rouler, cigare, pipe...) est responsable d’environ 85 % des cas de cancers du
    poumon. La durée pendant laquelle on a fumé, c’est-à-dire le nombre d’années d’exposition est plus important que la
    quantité de tabac fumé par jour. Il faut donc mieux s’arrêter de fumer le plus tôt possible pour diminuer le risque de
    cancer, plutôt que de réduire la quantité de tabac consommée par jour, car fumer même très peu mais  quotidiennement et pendant longtemps est beaucoup plus nocif que fumer beaucoup sur une période plus courte. Enfin le tabagisme passif, c’est-à-dire le fait d’être exposé à la fumée de cigarette sans fumer, augmenterait de 30 % le risque de développer un cancer du poumon.
  • Plus rarement, c’est une exposition professionnelle à des produits toxiques comme l’amiante, l’arsenic, le cobalt, le
    nickel, ou le chrome par exemple, qui est en cause. Ces cancers du poumon non liés au tabac représentent environ
    15 % des cas. Le risque de cancer est démultiplié en cas d’exposition professionnelle à ces substances et de tabagisme associé.

Deux types de cancer

Le cancer du poumon est aussi appelé cancer bronchique. Il atteint les cellules des bronches ou les cellules qui tapissent les alvéoles pulmonaires. On distingue deux types de cancers bronchiques qui n’ont pas le même aspect au
microscope et ne réagissent pas de la même façon aux traitements :

  • Les cancers dits « non à petites cellules » qui sont les plus fréquents (environ 80 % des cas),
  • Les cancers « à petites cellules » qui représentent 15 à 20 % des cancers bronchiques.

Les signes qui alertent

Les symptômes du cancer du poumon sont multiples et de nature différente selon qu’il soit lié ou non au tabagisme :

  • Des symptômes respiratoires sont présents dans la moitié des cas (toux persistante, essoufflement, douleur thoracique, crachats striés de sang, infections pulmonaires fréquentes),
  • Des signes généraux comme une fatigue anormale, une perte d’appétit ou un amaigrissement,
  • D’autres signes moins fréquents comme une modification de la voix, des sifflements à la respiration ou une difficulté à avaler.

Si ces symptômes sont persistants, ils doivent amener à consulter immédiatement un médecin.

Comment est établi le diagnostic ?

Si certains symptômes font suspecter un cancer pulmonaire, le médecin prescrit alors une série d’examens pour confirmer ou infirmer le diagnostic. Généralement sont réalisés un examen des crachats à la recherche de cellules malignes par microscopie, une radiographie et un scanner du thorax, et une fibroscopie bronchique qui permet de réaliser une biopsie (pour identifier le type de cancer) et de visualiser les bronches afin de préciser l’extension de la tumeur.
Parfois une ponction transpariétale doit être effectuée (à l’aide d’une aiguille à travers la paroi du thorax) pour réaliser des prélèvements si la tumeur se situe à la périphérie du poumon et n’est pas accessible par fibroscopie.
Le diagnostic histologique par microscopie d’un fragment de tissu permet de distinguer le type de cancer bronchique (« non à petites cellules » ou « à petites cellules »).

Déterminer l'extension tumorale

Si le diagnostic de cancer bronchique est confirmé, d’autres examens sont nécessaires pour localiser d’éventuelles disséminations secondaires dans l’organisme (métastases). Le médecin peut alors demander par exemple une scintigraphie osseuse, une échographie du foie, une échographie endo-oesophagienne, une angiographie pour visualiser une éventuelle atteinte de l’aorte et des vaisseaux pulmonaires, ou encore une médiastinoscopie à la recherche d’une atteinte des ganglions du médiastin.

Lexique

  • Angiographie : radiographie des vaisseaux après injection d’un liquide opaque aux rayons X.
  • Chimiothérapie : traitement reposant sur l’administration de médicaments s’attaquant aux cellules cancéreuses.
  • Biopsie : Prélèvement d’un petit morceau de tissu, échantillon qui sera analysé au microscope en laboratoire d’anatomopathologie.
  • Fibroscopie : technique d’exploration des bronches avec un tube souple de petit diamètre, muni d’un système optique. Ce tube, le fibroscope, est introduit par les voies naturelles ou par une petite incision. Il permet d’examiner l’intérieur des bronches et d’y faire des prélèvements.
  • Ganglion : petit renflement sur le trajet des vaisseaux lymphatiques. Souvent disposés en chaîne ou en amas, les ganglions sont soit superficiels (dans le cou, l’aisselle, l’aine), soit profonds (dans l’abdomen, le thorax). Ils assurent un rôle essentiel dans la protection du corps contre les infections ou les cellules cancéreuses.
  • Médiastin : espace compris entre les deux poumons et divisé en deux parties par les replis des plèvres : le médiastin antérieur contient le cœur et le thymus ; le médiastin postérieur renferme l’oesophage, l’aorte et le canal thoracique.
  • Thérapie ciblée : traitement à l’aide de médicaments qui, selon leur cible, visent à freiner ou à bloquer la croissance de la cellule cancéreuse, en l’affamant, en provoquant sa mort, en dirigeant le système immunitaire contre elle ou en l’incitant à redevenir normale.
  • Radiothérapie : traitement local du cancer à l’aide d’un appareil qui émet des rayons.
  • Récepteur à l’EGFR : les récepteurs du facteur de croissance épidermique (ou EGFR de l'anglais Epidermal Growth Factor Receptor) se trouvent à la surface des cellules tumorales et leur rôle consiste à envoyer un signal de croissance au noyau de la cellule.
  • Scanner : examen qui permet d’obtenir des images du corps en coupes à l’aide de rayons X. Les images sont reconstituées par ordinateur, ce qui permet une analyse précise de différentes régions du corps. On parle aussi de tomodensitométrie ou TDM.
  • Scintigraphie osseuse : examen qui montre des images du squelette. Cette technique d’imagerie utilise des produits faiblement radioactifs non toxiques, des traceurs, qui, une fois injectés, se fixent sur les os et sont repérés sur un écran. Une scintigraphie osseuse permet de contrôler l’absence ou la présence de cellules cancéreuses au niveau des os.