La France, pays leader de la recherche en santé aux yeux des Français

Observatoire Roche/CSA Research « Les Français et la recherche en santé »

Après une première vague (mars 2017) portant sur ce que les Français savent de la recherche et une seconde (mai 2017) sur ce qu’ils pensent des acteurs et du financement de la recherche en santé, Roche France dévoile aujourd’hui les résultats de la troisième et dernière vague de son Observatoire sur « les Français et la recherche en santé ». Menée du 2 octobre au 12 octobre 2017 par CSA Research auprès de 1004 individus représentatifs de la population française (âgés de 18 ans et plus), cette troisième vague renseigne sur la façon dont les Français imaginent la santé en 2045. 

Lorsqu’on leur demande quelles solutions apportées aux patients par la recherche en santé feront la « une » de la presse en 2045, « corriger les gènes pour guérir les maladies » arrive en tête pour  39% des interrogés, suivi de « l’impression 3D d’organes sur mesure » pour 21%. Oscillant entre confiance et inquiétude, 1 Français sur 2 pense qu’en 2045, la France sera chef de file dans le domaine de la santé ; cependant, pour 85% des personnes interrogées, ces 30 prochaines années seront source d’inégalités d’accès aux soins. 

Des Français qui ont aussi pleinement conscience du potentiel de la santé connectée et de la valeur des données de santé pour la recherche.


Santé au futur : une révolution qui creusera les inégalités

Les Français sont partagés entre confiance et inquiétude. 85% estiment que ces 30 prochaines années seront source d’inégalités d’accès aux soins. Les trois prochaines décennies seront révolutionnaires dans le bon sens du terme pour 69%, mais angoissantes pour 61% des répondants. 

Parallèlement, la moitié des Français sont convaincus qu’en 2045, notre pays sera chef de file pour la santé de demain. Une conviction partagée par l’ancienne Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche Geneviève Fioraso : 

“ Le secteur de la santé est en pleine révolution. L'émergence des "omiques" suscitée par la transcription du génome et les progrès de la biologie, l'impact décisif du numérique pour les dispositifs médicaux innovants et le traitement des mégadonnées (big data) permettront de répondre aux grands enjeux mondiaux de la santé. C'est la médecine dite des "4P" préventive, prédictive, personnalisée ou de précision et participative. La France, par l'excellence de ses organismes de recherche, la qualité de son système de soins, de ses hôpitaux universitaires a tous les atouts pour jouer un rôle majeur et créer des emplois dans un domaine, la bioéconomie, qui représente déjà 15% du PIB des Etats-Unis ”

En mai dernier, dans la deuxième vague de l’Observatoire Roche/CSA Research, 90% des Français déclaraient que la recherche en santé était une priorité nationale à financer de façon pérenne. Pour autant, ils étaient 80% à estimer qu’elle n’était pas au cœur des priorités des responsables politiques. Lors de la première vague en mars 2017, la recherche en santé était vue comme un levier d’attractivité et de prestige pour notre pays par 43% des personnes interrogées et comme une source d’importantes retombées économiques pour la France pour 1 Français sur 3. 

“ Notre pays peine à transformer sa recherche en innovations disponibles pour les patients : procédures de validation trop lourdes et peu transparentes, faiblesse de la recherche translationnelle liée à un manque de fluidité entre la recherche fondamentale, la recherche appliquée et le transfert vers le milieu économique, modes de financement inadaptés à la croissance des start-ups de biotechs et de medtechs... Tous ces obstacles peuvent être levés si nous considérons la santé non plus comme un facteur de coût mais comme un formidable levier de développement, ”

poursuit Geneviève Fioraso.

Le patient acteur de sa santé et acteur de la recherche 

Pour 56% des Français, en 2045, la santé connectée et les applications feront partie du quotidien et vont même, pour 32%, remplacer la plupart des visites chez le médecin. Une large majorité pense que le patient se connectera via son ordinateur pour une visite virtuelle avec le premier médecin disponible à distance (81%) et participera au diagnostic de son propre état de santé grâce à des applications et des logiciels (78%).

Pour 7 Français sur 10, en 2045, le patient deviendra un acteur de la recherche à part entière, en participant à des études et essais cliniques menés par des communautés de patients. Par ailleurs, 4 Français sur 10 se disent déjà prêts à vivre avec un robot à domicile pour les aider à rester en bonne santé. Pour Dominique Vinck, sociologue des sciences et de l'innovation et professeur à l'Université de Lausanne :

“ La recherche en santé est au cœur de plusieurs grandes problématiques de société : la santé, l’équité, les dynamiques économiques, les bouleversements liés au numérique, mais aussi la confiance dans les sciences et leurs acteurs. Les acteurs publics et privés de la recherche et de l’innovation jouent un rôle clé mais de manière interdépendante des milieux professionnels de la santé, des patients et de tout citoyen. Il s’agit donc de penser et de faire évoluer les articulations entre tous ces acteurs, non seulement pour favoriser du transfert de technologies et de connaissances mais aussi pour construire ensemble des programmes de recherche, des connaissances nouvelles et des solutions pertinentes, accessibles, équitables et bénéfiques à l’ensemble ”

Partager ses données de santé : oui mais…

Sur l’utilisation des données de santé à des fins de recherche : 

  • 42% pensent que la santé connectée et les applications constituent un moyen efficace de collecter des données pour la recherche ;

  • 82% des personnes interrogées déclarent que leurs données de santé sont déjà utilisées sans qu’ils le sachent.

  • 78% s’accordent à dire que partager ses données de santé est un acte citoyen qui fera progresser la recherche…

  • … A condition, pour 47 % des personnes interrogées, que ce ne soit pas une obligation. 

  • Conscients de leur valeur, 1 Français sur 5 est prêt à monnayer ses données de santé et chez les 18-24 ans, ils sont 36% à vouloir les vendre et non les donner.

“ Les exigences de la société ont changé et la population est prête à apporter son soutien, à devenir acteur de la santé et de la recherche dans le domaine, mais pas à n’importe quelles conditions. Comment, dans l’industrie et dans la recherche publique, entendre les appels de la société ? Comment œuvrer ensemble notamment vis-à-vis du numérique et des données de santé ? Comment explorer ensemble ? Comment agir sans tarder mais de manière responsable ? ”

interroge Dominique Vinck.